Les Cabotines

7 personnages · 1 décor

Laction se déroule au tout début du XIX ème siècle. Napoléon s’est nommé empereur des français depuis peu.

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PERRINE

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Ne soyons pas modestes, nous avons un nouveau triomphe ! Mademoiselle et moi sommes comblées.

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RODOLPHE

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C’est toujours aussi fort ?

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PERRINE

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Oui, monsieur. Mademoiselle et moi, on ne s’en lasse pas ! Autour de quinze rappels en moyenne. C’est épuisant pour le dos de mademoiselle George qui se courbe trop. Elle va un soir, se retrouver coincée des vertèbres ! Clouée au lit !

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RODOLPHE

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Ca serait dramatique !

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PERRINE

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Je le pense aussi. Ca permettrait à l’horrible Duchesnois de jubiler !

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RODOLPHE

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Sa grande rivale !

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PERRINE

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Cette peste pourrait s’imposer à son avantage dans la reprise de « Médée  » que toutes les deux jouent en alternance.

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RODOLPHE

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C’est la guerre entre elles ?

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PERRINE

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Tous les coups bas sont permis ! Notre maison est divisée en deux camps qui se haïssent depuis des années. On n’a jamais vécu ça. Vous monsieur le baron, vous l’avez déjà vu sur scène, « l’autre » ?

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RODOLPHE

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Il y a trois jours. Elle est remarquable.

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PERRINE

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Je vous prenais pour un homme de goût, tout le monde peut se tromper.

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RODOLPHE

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Pardon de me montrer sincère. Mais néanmoins, elle est très en dessous de notre chère Marguerite !

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PERRINE

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Arrêtez ! Vous êtes fou ! Mademoiselle George, s’il vous plait ! Elle ne supporte plus qu’on l’appelle par le prénom qu’on lui a attribué à la naissance.

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RODOLPHE

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Il est pourtant joli. 

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PERRINE

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C’est comme ça.

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RODOLPHE

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Et cette mademoiselle Duchesnois, elle a un prénom ?

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PERRINE

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Demandez le à ses intimes. Ils sont très nombreux, paraî-il…

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RODOLPHE

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Ah, oui ?

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PERRINE

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Tout le monde sait que sa réussite, La Duchesnois la doit surtout à des hommes d’affaires fortunés et autres têtes couronnées en goguette… Ce n’est pas une femme, c’est un port d’attaches…

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RODOLPHE

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C’est pas possible !

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PERRINE

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Comme je vous le dis. La Duchesnois est une femme qui a la santé ! Moi, je l’admire !

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RODOLPHE

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Pourquoi dites-vous ça ?

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PERRINE

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Il y a quelques mois, elle interprétait en soirée « Jeanne d ‘Arc » et tout juste après, une fois rentrée chez elle, elle faisait aussitôt visiter sa chambre à coucher ! Elle ne craint ni le ridicule, ni les contradictions…

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RODOLPHE

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Je suis ébahi !

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PERRINE

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Baron ! Vous débarquez de votre lointaine province !

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RODOLPHE

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De Saumur en Auxois ! C’est pas le bout du monde.

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PERRINE

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C’est surtout que vous ignorez tout de la vie parisienne. Et de ses tumultes...

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RODOLPHE

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J’ai deux diligences de retard, quoi !

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PERRINE

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On a de drôles d’expressions en France profonde…

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RODOLPHE

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Lorsque mademoiselle George est en tournée, je ne rate jamais aucune de ses représentations. Je l’ai applaudi en Agrippine, Cléopâtre, Bérénice, Médée. Trop timide, je n’ai jamais osé l’aborder à la sortie du théâtre. Aujourd’hui, je m’offre ce culot ! Je suis fort impressionné.

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PERRINE

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Je comprends. Courage ! Mademoiselle George est une gloire internationale mais malgré tout c’est une femme comme une autre, comme moi... Très abordable…

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RODOLPHE

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Ah ! Vous me rassurez.

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PERRINE

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Elle comme moi, nous possédons une grande sensibilité frémissante... A propos, vous n’avez rien oublié ?

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RODOLPHE

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Pardon ?

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PERRINE (Remuant les doigts)

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Comment je vais acheter mon lait, demain matin ?

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RODOLPHE

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Ah, oui, oui, bien sûr ! (Il sort un billet de son portefeuille. Perrine montre dans un geste qu’il peut se montrer plus généreux. Il en rajoute un second) Merci encore pour cette immense faveur.

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PERRINE (Empochant l’argent dans la poche de son tablier)

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Je ne sais pas pourquoi, vous m’avez tout de suite inspiré confiance…

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La porte s’ouvre, mademoiselle George entre en trombe. Elle est vêtue d’une sorte de tunique noire recouvrant tout son corps.

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Mlle GEORGE

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Perrine ! Je suis épuisée ! Je ne reçois personne. Viens m’aider à me changer.

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Mlle George va se cacher derrière le paravent tandis que Perrine la suit.

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PERRINE (Bas à la comédienne)

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Ne sois pas gourde ! C’est un riche joaillier de Saumur en Auxois ! Il a apporté une gerbe de fleurs.

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Mlle GEORGE (Voix off)

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Avec toutes celles que je reçois, je vais bientôt pouvoir ouvrir une boutique !

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PERRINE (Bas, articulant lentement)

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Il y a un écrin à l’intérieur…

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Mlle GEORGE (Dépassant une tête du paravent, fort)

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Mais pour vous cher ami, je ferais une exception ! (Elle disparaît à nouveau, tend d’une main son vêtement noir que Perrine va déposer sur une chaise) Vous m’accordez une petite minute ?

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RODOLPHE

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Je vous en prie ! Pardon !  Je ne me suis pas présenté. Baron Rodolphe de la Courtille.

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(Mlle George réapparaît. Il se précipite après avoir récupéré les fleurs) Acceptez cet humble hommage à la plus grande tragédienne de notre siècle !

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Mlle GEORGE

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Elles sont magnifiques ! (Forçant la surprise) Oh ! Qu’est ce que c’est que cette petite boite que je découvre… (Elle tend le bouquet à Perrine et ouvre l’écrin. Elle sort une bague) Un saphir ! Je suis confuse ! C’est trop !

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RODOLPHE

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Rien n’est trop beau pour vous ! Le saphir dans les traditions de l’Egypte ancienne et de la Rome antique, est une pierre sacrée symbole de la pureté…

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PERRINE

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C’est tout à fait pour madame, ça !

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Melle GEORGE

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Elle est éblouissante ! (Elle la met à un doigt) Merci infiniment, baron. Je ne la méritais pas.

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PERRINE (Entre ses dents)

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Alors rend là lui !

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RODOLPHE (Se rapprochant de la comédienne)

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Si j’osais… Accepteriez-vous de souper en ma compagnie, je pourrais réserver une table au Procope, à saint Germain des Près…

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Mlle GEORGE

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Oh, rage ! Oh, désespoir ! Je suis obligée de vous dire non. Je dois regagner mon domicile. Maman est souffrante, elle a besoin de moi auprès d’elle.

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PERRINE (Bas dans le dos de mademoiselle George)

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Ta mère, tu viens de la ressusciter ou je me trompe ?

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RODOLPHE

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Quel dommage ! J’ai joins ma carte, contactez-moi. Je reste huit jours à Paris. Demain soir, je me rends au bal du Prado.

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Mlle GEORGE

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Non ! Le bal du Prado ! Monsieur le baron veut s’encanailler ? Il a raison.

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RODOLPHE

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Je suis veuf. La solitude me pèse.

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PERRINE (Hurlant)

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Alors ça ! Comme moi. Quelle coïncidence ! Que je vous raconte comment ça m’est arrivé...

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Mlle GEORGE

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Non !

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PERRINE

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Mon mari est parti il y a quelques mois, après s’être étranglé avec une arête de poisson. Une sole lui a été fatale… (Grand soupir puis se reprenant) Mais dites !  Si vous...

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Perrine Femme • Adulte
l'habilleuse de Mlle George. Gouailleuse, futée, elle soutire sans vergogne des pourboires à Rodolphe et sert de confidente à sa maîtresse tout en gardant les pieds sur terre. Elle porte un discours étonnamment « engagé » pour l'époque (elle évoque les droits des femmes du peuple), ce qui crée un contraste comique avec les egos des comédiens qui l'entourent.
Mlle Georges Femme • Adulte
la grande tragédienne vedette de la Comédie Française au début du XIXe siècle, ancienne favorite de Napoléon. Flamboyante, vaniteuse, théâtrale jusque dans sa loge, elle vit dans une rivalité acharnée avec Mlle Duchesnois. Manipulatrice avec les hommes (elle collectionne les bijoux de Rodolphe) mais capable d'un vrai panache : elle finit chassée du Théâtre Français après la chute de l'Empire, rebondit ailleurs et meurt admirée, presque ruinée, en 1867.
Rodolphe Homme • Adulte
le baron de la Courtille, joaillier de province, naïf et éperdument amoureux de Mlle George. Généreux jusqu'à la bêtise, il se fait plumer en bijoux par George puis par Duchesnois, incarne le « gogo » provincial ébloui par Paris. Il finit par se marier loin de la capitale, puis revient dix ans plus tard, cocu et meurtri.
Talma Homme • Adulte
célèbre tragédien, partenaire de scène de Mlle George, ami proche de Napoléon. Cabotin flamboyant, cynique sous ses grands airs, il cite Corneille à tout bout de champ tout en menant ses petites combines (dettes de jeu, emprunts jamais remboursés).
Mlle Duchesnois •
la grande rivale de Mlle George, autre tragédienne vedette et maîtresse de Talleyrand. Aussi orgueilleuse et retorse que George, elle va jusqu'à droguer son thé ; leur guerre des loges est l'un des moteurs comiques de la pièce, jusqu'à une réconciliation aussi soudaine qu'intéressée (contre la jeune Mlle Mars, leur ennemie commune).
Taleyrand •
le ministre des Affaires étrangères de Napoléon, diplomate cynique et retors. Il vient recruter Mlle George comme émissaire (voire espionne) auprès du tsar de Russie ; entretient une liaison avec Duchesnois qu'il finira par lâcher en se ralliant à Louis XVIII.
Mr MAxime Homme • Adulte
le directeur de la Comédie Française, débordé par les caprices et rivalités de sa troupe. Pragmatique, un peu blasé, il doit sans cesse arbitrer entre les egos de ses stars.
Décor une loge coquette du théâtre. Canapé en velours, paravent chinois, gerbes de fleurs dans des vases, affiches murales, une table d’époque.

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